Les applications des résultats issus des nouvelles technologies sont en train d'induire une modification profonde des comportements sociaux car le Principe de précaution, qui impose une prudence élémentaire, n'est que peu, mal ou pas appliqué à tous les niveaux des instances de recherche, d'application et de décision. Il en résulte des dysfonctionnements et des erreurs d'évaluation qui peuvent entraîner des catastrophes aux conséquences imprévisibles voire irréversibles.
Pour résumer : le scientifique trouve, le technicien applique et le juriste édicte les dispositions de réglementation a posteriori. Il en découle que tout résultat scientifique comporte une part d'incertitude qu'il convient d'évaluer au plus prêt afin d'éviter de procéder à une application trop hâtive, souvent motivée par le seul profit.

La réparation des préjudices et des dommages subis nécessite plus d'énergie, de temps et d'argent que la découverte elle-même. Les expertises et contre-expertises aggravent de surcroît ce sentiment d'incertitude qui finit par donner une mauvaise image des scientifiques et de la justice.
Le Principe de Précaution fait partie intégrante du patrimoine génétique humain. Sans lui, la fragilité biologique de l'homme, face aux énormes énergies destructrices auxquelles il fut confronté depuis quelques millions d'années, ne lui aurait pas permis de dominer à ce point la planète. Très curieusement, au fur et à mesure de l'évolution des Civilisations, les Cités, puis les Etats, réalisant un nécessaire protectionnisme social, ont contribué progressivement à déresponsabiliser les différents acteurs de la société qui s'en remettent à l'Etat tout puissant.


Si gérer c'est prévoir, la prévention anticipe des effets prévisibles qui se réaliseront dans le futur. La prévention est donc un outil indispensable du principe de précaution.
Mais dans sa globalité ce dernier doit aussi anticiper des effets non intentionnels qui n'ont pas été prévus et ce, pour différentes raisons : précipitation, profit, inconscience…
La précaution exige donc une réflexion plus poussée, des expériences scientifiques complémentaires et des garanties d'application indispensables afin d'éviter le préjudice, le dommage, la réparation et le pénal.
La définition que nous retiendrons comme hypothèse de travail est celle formulée par le professeur PIQUEMAL :
Le Principe de Précaution constitue l'ensemble des mesures ou dispositions de toutes natures, envisagées ou prises dans l'intérêt général ou collectif, pour prévenir, en tout ou en partie, un risque dont l'hypothèse est avancée sans certitude scientifiquement ou définitivement acquise, afin d'en supprimer ou d'en limiter les conséquences de tous ordres, à un coût raisonnable et adapté.

Les buts de la CICPP sont :

  • de permettre un débat d'idées sur les conséquences, intentionnelles et non intentionnelles, induites par les nouvelles technologies qui modifient profondément les sociétés humaines.
  • de confronter, au niveau international, les différents points de vue sur l'évolution des technologies et principalement leur impact sur les générations futures.

 

  • de concrétiser nos travaux par des publications, des informations diffusées sur le réseau Internet, par des interventions publiques
  • de constituer un fonds de constructions organisationnelles juridiques dont le but est de permettre une aide aux décisions de toutes autorités de caractère national ou international.